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La Table

Une révision du financement qui ne doit pas créer de nouveaux obstacles à l’inclusion ..

By octobre 1, 2026octobre 8th, 2026No Comments

Cet article de Radio-Canada concernant la révision du financement destiné à l’inclusion des enfants ayant besoin de soutien particulier en service de garde éducatifs à l’enfance (SGEE) soulève plusieurs enjeux importants, voire préoccupants.

À la TISGM, nous consultons depuis plusieurs semaines nos membres et partenaires. Qu’il s’agisse de représentants de parents, de gestionnaires en SGEE, de personnes éducatrices, de personnes intervenantes du réseau de la santé ou du milieu communautaire, les inquiétudes sont nombreuses et certains impacts se font déjà sentir sur le terrain.

Pour mieux comprendre les changements aux allocations, nous avons produit ce schéma.

Cette révision comporte des avancées, notamment le financement à la mission d’inclusion des SGEE qui pourrait permettre de soutenir les enfants ayant des besoins particuliers même en l’absence de diagnostic, ainsi que la simplification de l’accès à du soutien supplémentaire pour certains enfants ayant des besoins importants.

Ces avancées rejoignent d’ailleurs certaines recommandations mises de l’avant par la TISGM dans sa plateforme d’actions stratégiques pour favoriser l’inclusion en petite enfance. Toutefois, plusieurs recommandations que nous avons identifiées comme essentielles pour améliorer les conditions d’inclusion et offrir un meilleur soutien aux enfants, aux familles et aux équipes éducatives n’y trouvent pas de réponse.

Réviser le financement ne doit pas créer de nouveaux obstacles à l’accueil et à la pleine participation des enfants. Les besoins des enfants sont multiples, tout comme les réalités des milieux qui les accueillent. Un modèle qui ne tient pas suffisamment compte de cette diversité risque de laisser certains enfants sans le niveau de soutien nécessaire et des équipes éducatives sans les conditions adéquates pour répondre à leurs besoins et favoriser leur pleine participation au quotidien.

Plusieurs situations problématiques nous sont rapportées du terrain. Voici quelques exemples :

– Les SGEE qui accueillent depuis plusieurs années un plus grand nombre d’enfants ayant besoin de soutien particulier et qui ont développé des pratiques inclusives bien établies comptent parmi les milieux les plus fragilisés par la révision du financement. Plusieurs rapportent devoir abolir ou réduire des postes, diminuer le soutien offert aux équipes éducatives et prioriser certains besoins d’enfants au détriment d’autres.

– Des enfants ayant d’importants besoins de soutien qui avaient auparavant accès à la MES, mais qui ne sont pas admissibles à l’AEI, notamment des enfants ayant des besoins importants sur le plan comportemental qui ne répondent pas aux critères de Retraite Québec, ou des enfants issus de parcours migratoires, telles les familles demandeuses d’asile, qui ne sont pas admissibles aux mesures de Retraite Québec.

– Des familles qui se voient refuser une place faute de financement suffisant pour offrir le soutien nécessaire pour accompagner l’enfant. Pour d’autres, l’accueil devient conditionnel à l’accès à l’AEI alors que les démarches, souvent longues et complexes, reposent désormais davantage sur les parents, qui doivent eux-mêmes obtenir les évaluations et les documents requis.

– Des enjeux importants concernant la façon dont s’articulera la collaboration et le partage des responsabilités entre les SGEE, les parents et les professionnelles et professionnels du réseau de la santé et des services sociaux.

Les membres de notre concertation ont identifié plusieurs pistes de solutions qui permettraient au ministère de la Famille de corriger certaines des problématiques observées et de mieux atteindre les objectifs de la révision. Parmi celles-ci figurent notamment une information plus claire et accessible sur les différentes mesures de soutien, des mécanismes complémentaires pour répondre aux besoins des enfants qui ne trouvent pas réponse dans les programmes actuels, un financement davantage adapté aux besoins réels des enfants et aux réalités d’accueil des milieux, ainsi qu’un meilleur suivi de l’utilisation et des effets des nouvelles allocations. Les membres insistent également sur l’importance de préserver la collaboration avec les parents, les personnes intervenantes du réseau de la santé et du milieu communautaire tout au long du processus d’inclusion.

Ces pistes, issues des constats et de l’expertise des membres de notre concertation, s’appuient sur des exemples concrets et des propositions plus détaillées que la TISGM souhaite approfondir avec le ministère de la Famille afin de contribuer aux ajustements nécessaires à la mise en œuvre de la révision.

Nous ne devons pas reculer en matière d’inclusion. Nous devons continuer d’avancer et améliorer les conditions permettant une réelle inclusion des enfants.